Le Frelon Asiatique

(Article paru dans Le Courrier Picard le 25/2/2019)
Plus de 500 nids détruits dans la Somme en 2018, contre seulement 17 en 2017. Ce chiffre démontre à lui seul l’ampleur du problème posé par le frelon asiatique, qui présente un double danger : pour l’homme et la biodiversité. Ce lundi, la préfecture de la Somme a présenté son nouveau plan d’action aux élus des arrondissements de Montdidier et Péronne. Deux autres réunions de ce type auront lieu à Abbeville, le 27 février, et Amiens, le 14 mars.

Une double menace, pour l’homme et la biodiversité

Pour l’homme, la présence de nids actifs peut constituer un réel danger en cas d’attaques massives. La Picardie n’a pas encore connu d’attaque mortelle, comme ce fut le cas dans d’autres régions, mais de nombreux accidents ont néanmoins été recensés. La piqûre du frelon asiatique est bien plus douloureuse que celle d’une guêpe ou d’une abeille mais, surtout, son venin est cardiotoxique et neurotoxique. En cas d’allergie, la piqûre peut s’avérer mortelle. Le danger, néanmoins, n’existe que si l’on s’approche trop près d’un nid.
Classé espèce exotique envahissante par le ministère de la transition écologique et danger sanitaire par le ministère de l’agriculture, le frelon asiatique constitue également une menace pour la biodiversité, en partie pour les populations d’insectes, et surtout d’abeilles. Depuis de longs mois, les apiculteurs sont les témoins réguliers de ces attaques. Chaque frelon tue en moyenne 80 à 100 abeilles par jour.

L’installation de pièges préventifs, un dispositif controversé

L’apparition des premières fondatrices a lieu généralement mi-avril, en fonction de la météo est des températures. Les autorités conseillent à ce moment-là de ne rien faire. « Lorsque plusieurs fondatrices sont sur un même territoire, elles vont se battre entre elles pour préserver leur territoire. » En prévention, l’installation de pièges, vendus dans les jardineries ou magasins spécialisés, peut en revanche s’avérer efficace. Le problème, c’est que ces pièges ne sont pas sélectifs, et attrapent d’autres sortes d’insectes ou de papillons, posant un autre problème pour l’environnement.

Un nouveau dispositif mis en place dans la Somme

Désormais, les particuliers du département de la Somme doivent signaler la présence de nids auprès de leur mairie, et non plus auprès de la préfecture. Sur le même principe qu’en cas de découverte d’obus, il appartient désormais à chaque mairie de signaler à la préfecture, via un formulaire et des photos, la présence d’un nid de frelons asiatiques. De mai à juin, la destruction des nids primaires peut être assurée par le GDSA (Groupement de défense sanitaire des abeilles), par les pompiers, ou par une société privée, lorsque le nid est localisé sur un terrain privé.
À partir de juin, période plus critique et plus dangereuse en raison de la taille du nid, la destruction des nids est confiée aux pompiers, s’il est situé sur la voie publique ou dans un établissement recevant du public (écoles, maisons de retraite crèches, etc.). Dans la Somme, les casernes d’Airaines et de Ham, toutes d’un équipées d’un pistolet anti-frelons (PILP), sont habilitées à faire ces interventions. Là encore, les interventions réalisées sur un terrain privé seront confiées à des entreprises privées.

Les interventions désormais payantes sur les terrains privés

C’est l’autre nouveauté de ce plan d’action, et pas forcément le plus agréable pour les particuliers. Désormais, compte tenu de la multiplication des cas, les interventions sur les terrains privés, hormis dans les cas d’urgence, seront assurées par des entreprises privées. Ce principe vaut également pour les départements de l’Oise et de l’Aisne. Les mairies vont recevoir une liste de sociétés agréées pour réaliser ce type d’opération. Ce genre d’intervention est en moyenne facturée autour des 130 euros. Dans certains cas, les communes pourraient s’acquitter de la facture, au cas par cas, en fonction du revenu du ménage.
FABRICE JULIEN (Le Courrier Picard)

Plaquette diffusée par la communauté de commune des SABLONS

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AUTRE PUBLICATION DIFFUSÉE PAR LE CNRS et l’INRA

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